Archives par Catégories: POÉSIE

La poésie à l’école

C’est aujourd’hui mardi, on apprend à rimer…
En premier c’est Karen qui ose s’essayer.
Elle se rend au tableau, prend la craie et écrit,
Sous le regard charmé de son ami Cricri :

J’ai pensé ce matin, mangeant mes céréales,
Quand je serai grande j’irai à Montréal.
Tout le monde applaudit, ça rime, c’est parfait !
Alors Toto se lève et tente son effet :

Hier, je me suis baigné dans la mare aux grenouilles,
Et puis j’ai eu de l’eau jusqu’à mes deux genoux.
La maîtresse soupire et se dit qu’il est nouille…

Elle indique à Toto qu’il rime comme un gnou.
Voila l’autre qui nie, s’insurge et crie bien haut :
Mais qu’est-ce que j’y peux, moi, s’il y manquait d’eau ?

La tête qui éclate…

J’ai la tête qui éclate et mon coeur qui fait boum !
Je vais te chercher…
Jusqu’à te trouver…
Alors je t’emmènerai…
Au lit…
Et lentement, je te ferai trembler…
Transpirer avec profusion…
Je te ferai gémir, et même rugir…
Tes tempes vont battre…
Ta tête va exploser…
Quand j’en aurai terminé…
Je partirai…
Je te dirai…
A la prochaine !
Avec tout mon amour…

Signé : La Grippe !

Péter est tout un art

Oui, péter dans des draps, dans des draps de flanelle,
Ca peut donner des sons assez époustouflants !
Mais il faudrait pas péter dans la dentelle,
Car le gaz s’éparpille et c’est assez gonflant.

Seul le drap de satin s’avère irréprochable.
Sur son tissu serré le pet glisse à loisir,
Et l’on entend des sons et des bruits si aimables,
Que ce léger concert vous invite au plaisir.

Quant à tous ceux choqués par cette description,
Qu’ils essaient de péter un peu sous l’édredon.
Quand le temps est au froid et que souffle la bise,
Rien ne peut mieux chauffer, même sur la banquise.

Qu’un pet profond et clair, mais sans ostentation,
Que l’on dirigera avec moult précautions,
Pour réchauffer les pieds toujours glacés des femmes,
Qui ne vous traîteront sans doute pas d’infâme.

Lorsqu’elles sentiront cette douce chaleur,
Venir sur leurs orteils qui s’épanouiront,
Elles vous traiteront même de gai luron,
Et vous saurez alors faire chavirer tous les coeurs.

Car péter est un art et il n’y faut faillir,
Il faut savoir comment et quand le faire jaillir.
S’il est inopportun, on vous traite de rustre,
S’il vient mal à propos, on peut pendant des lustres,

Vous fuir, vous battre froid ou vous villipender.
Un pet intelligent peut vous recommander,
Après de Jeanneton, friande de musique,
Ou de Carmencita, amatrice de clique.

Bref, c’est à vous de jouer avec parcimonie,
De ce bel instrument que la Nature a mis,
A la disposition de chaque partenaire,
Pour profiter au mieux des joies de son derrière.

Le Roi boiteux

Un Roi d’Espagne, ou bien de France,
Avait un cor, un cor au pied ;
C’était au pied gauche, je pense ;
Il boitait à faire pitié.

Les courtisans, espace adroite,
S’appliquèrent à l’imiter,
Et qui de gauche, qui de droite,
Il apprirent tous à boiter.

On vit bientôt le bénéfice
Que cette mode rapportait ;
Et de l’antichambre à l’office,
Tout le monde boitait, boitait.

Un jour, un Seigneur de province,
Oubliant son nouveau métier,
Vint à passer devant le prince,
Ferme et droit comme un peuplier.

Tout le monde se mit à rire,
Excepté le roi qui, tout bas,
Murmura :  » Monsieur, qu’est-ce à dire ?
Je crois que vous ne boitez pas. « 

 » Sire, quelle erreur est la vôtre !
Je suis criblé de cors ; voyez :
Si je marche plus droit qu’un autre,
C’est que je boite des deux pieds. « 

Gustave NADAUD

Civilités des ‘lieux’

Que le papier soit doux à la fesse féconde,
Qui dépose en ces lieux ses présents obligés.
Mais que jamais un pet n’indispose à la ronde,
L’oreille d’un quidam qui pourrait s’affliger !

Le bruit d’un ruisselet serait seul supportable,
Et n’offusquerait point la pudeur de tous ceux,
Qui, en vous attendant, devisent à leur table,
Savourant le présent en contemplant les cieux…

Prenez-donc votre temps, mais oeuvrez en silence :
On vous tiendrait rigueur de bruits inopportuns,
Révélant à chacun ici votre présence,
Surtout si vient s’y joindre un indigne parfum !